Questions d’égalité et de justice sociale
Phumzile Mlambo-Ngcuka a toujours été préoccupée par la défense des droits de l’Homme. D’étudiante à enseignante, elle est et a été de tous les combats pour faire entendre la voix de la justice dans son pays sous le régime de l’apartheid. « Sous la présidence de Mandela, j’ai participé 70 activement à la modification des lois dont nous avions hérité du régime de l’apartheid. J’ai vraiment bouclé la boucle : après avoir combattu l’apartheid dans les rues en tant qu’étudiante, j’ai eu la possibilité de changer les lois en tant que députée. Je suis devenue ministre, puis vice-présidente. Tout le long, j’ai continué à me battre pour l’égalité. »
De 2005 à 2008, sous la présidence de Thabo Mbeki, Phumzile Mlambo-Ngcuka devient la première femme à occuper le poste de vice-présidente en Afrique du Sud. Dans ses nouvelles fonctions, elle supervise des programmes de lutte contre la pauvreté visant à faire profiter les personnes en situation de pauvreté, et les femmes en particulier, des bienfaits de la croissance économique du pays. De même, elle n’a de cesse de travailler à la promotion de la parité et l’autonomisation des femmes. Au contact de l’adversité, des heures chaudes pour faire avancer la cause, Phumzile forge sa carapace. Mieux, elle découvre la force de l’union qu’elle intègre dans son plan d’action. « J’ai appris le courage et la détermination. Plus que toute autre chose, j’ai appris l’importance de travailler en équipe et de ne jamais oublier d’emmener les autres avec soi dans son ascension, où que l’on travaille. Cette approche m’a bien servie car j’ai toujours travaillé dans des situations où l’on ne peut jamais réussir seule. Vous ne pouvez réussir que si vous œuvrez aux côtés de ceux avec qui vous travaillez, et non pas au-dessus d’eux ». Auparavant, elle a été ministre des Ressources minières et de l’Énergie de 1999 à 2005 et ministre adjointe au ministère du Commerce et de l’Industrie de 1996 à 1999. Elle a siégé au Parlement de 1994 à 1996 dans le cadre du premier gouvernement démocratique d’Afrique du Sud. Avec le sentiment de s’être investie sans limites pour redonner espoir dans un développement harmonieux de son pays dans la différence et la diversité, Phumzile quitte le gouvernement. Le temps est venu pour elle de marquer une pause sur le plan politique et se consacrer aux études de doctorat en éducation et technologie à l’Université de Warwick, au Royaume-Uni. À peine finies ses études, il lui faut donner une réponse à l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon qui lui fait la proposition du poste de Secrétaire générale adjointe de l’ONU.
Carrière onusienne
Comment qualifier cette combattante audacieuse ? L’exercice est difficile. Pour faire court, l’on dira qu’elle possède une grande expérience et des connaissances étendues sur les questions des droits de la personne, de l’égalité et de la justice sociale. Elle a par ailleurs travaillé pour la société civile et dans le secteur privé. Des atouts qui lui valent sa nomination en 2013 dans les fonctions de Secrétaire générale adjointe de l’ONU et Directrice exécutive d’ONU Femmes. Elle est dans son élément. L’action internationale et la défense des questions relatives aux femmes lui ouvrent l’opportunité de mettre en œuvre son talent. En 8 ans, la championne des femmes, des filles et de l’égalité des sexes aura parcouru pays, villes et villages pour faire la promotion de l’autonomisation, des droits des femmes, de la lutte contre la discrimination et la violence ainsi que la promotion d’un développement socioéconomique durable en vue de la réalisation des objectifs de développement durable. En 2020, lors de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Directrice exécutive d’ONU Femmes s’est voulue incisive.
Morceau choisi : « La violence des hommes à l’égard des femmes est également une pandémie, bien antérieure à celle du coronavirus et qui lui survivra. Ce fléau a également besoin de notre intervention coordonnée au niveau mondial (…) car il touche de nombreuses populations, de tous âges. Rien que l’année dernière, 243 millions de femmes et de filles ont subi des violences sexuelles ou physiques de la part de leur partenaire.
Et cette année, le nombre de cas dénoncés a explosé, témoignant de l’augmentation préoccupante de la violence domestique, de la cyber-intimidation, du mariage d’enfants, du harcèlement sexuel et de violence sexuelle ». Ce reflet de la réalité la conforte dans l’idée de poursuivre les efforts pour infléchir la courbe.
Depuis décembre 2021, l’Assemblée générale de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a approuvé sa nomination au poste de Présidente, pour un mandat de quatre ans. Un autre défi qu’elle s’attèlera à relever. Il s’agira pour elle de s’assurer que les principes du Code mondial d’éthique du tourisme et de la Convention-cadre de l’OMT relative à l’éthique du tourisme continuent de guider les efforts pour rendre le secteur du tourisme plus juste et plus inclusif. Elle en a les qualités et les compétences.
À peine le temps de reprendre des forces que le Conseil de l’Université de Johannesburg annonce sa nomination comme nouvelle chancelière de l’Université, pour un mandat de 5 ans allant du 1er octobre 2022 au 30 septembre 2027.
Et dire qu’elle trouve du temps pour ses fonctions de fondateur et présidente de la Fondation Umlambo, qui s’occupe de soutenir les écoles des régions défavorisées d’Afrique du Sud par le biais du mentorat et de l’accompagnement de leurs enseignants, et du Malawi par l’amélioration des établissements scolaires en collaboration avec des partenaires locaux.
Louis Parfait BROU









