Sahle-Work Sewde : Apôtre de l’égalité des genres

Le 25 octobre 2018, Sahle-Work Zewde accède à la magistrature suprême en Éthiopie, son pays. Avec son élection, sa patrie fait son entrée parmi les rares nations ayant couronné une femme, Cheffe d’État.

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© Eugene Ndri



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Première femme élue Présidente de l’histoire du pays d’Hailé Sélassié, elle est depuis son élection jusqu’à ce jour l’une des deux femmes Cheffes d’État en fonction sur le continent africain. Son accession à la présidence s’inscrit essentiellement dans le cadre d’un vaste programme de féminisation entrepris par le Premier ministre Abiy Ahmed. Qui a le mérite de l’avoir nommé dans son premier gouvernement. Pour certains observateurs, cette ascension n’est guère une surprise. Connue pour ses prises de position en faveur de l’amélioration de l’égalité des sexes, Sahle-Work Zewde ne ménage aucun effort pour apporter sa pierre dans ce combat. À cet effet, elle initie régulièrement des programmes d’autonomisation des femmes. « Que vous soyez considérées comme dirigeantes dans vos communautés ou au sein du gouvernement, vous inspirerez d’autres femmes à vous rejoindre, en ajoutant de plus en plus de voix pour créer un crescendo qui ne peut être ignoré », avait-elle déclaré aux dirigeantes de l’initiative Amujae du Centre présidentiel Ellen Johnson Sirleaf pour les femmes. En Éthiopie, sous sa houlette, les autorités ont fait de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes, une priorité absolue. Fruit d’une lutte âprement menée par Mme Zewde.

 

« Le gouvernement a pris la décision audacieuse de placer l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes au cœur de nos réalisations. Ma venue en est le résultat ». Pour elle, « il n’y a rien qu’une femme ou une fille ne puisse faire. » Devenue sa devise, c’est d’ailleurs cette maxime qui motive chaque action qu’elle initie en faveur des femmes. Anciennement représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies auprès de l’Union africaine, cette mère de deux enfants est à l’origine de plusieurs réformes politiques, juridiques et économiques mises en œuvre par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

 

Rétrospective. À 17 ans, Sahle-Work Zewde décroche un baccalauréat scientifique au lycée Guébré-Mariam, le lycée français d’Addis-Abeba. Elle obtient une bourse pour aller étudier en France. Quand l’université de Montpellier l’accueille pour son cursus en sciences naturelles, la jeune Sahle-Work est donc mineure. « Je me souviens encore, dit-elle, l’empereur nous a reçus avant notre départ. Nous devions baiser ses chaussures en silence… finalement, l’empereur lui-même, nous a embrassé et nous a demandé ce que nous voulions faire. Puis il nous a dit : “C’est bon, vous allez en France. On a besoin de ses relations.” » Un soutien réconfortant, mais qui retentit dans son esprit comme étant une interdiction au faux pas.

 

Elle réussit brillamment ses études. Quand elle rentre en Éthiopie, Mme Zewde intègre le ministère de l’Éducation nationale. Ensuite, elle rejoindra le ministère des Affaires étrangères, avant d’être nommée ambassadrice au Sénégal. Tremplin pour porter son combat pour l’égalité des genres devant les organismes internationaux. À la tête de République fédérale d’Éthiopie, elle continue d’interpeller sur la question du genre. Parce qu’« Il nous incombe… à tous de nous assurer que l’écart est comblé, que les femmes puissent franchir les échelons et être sélectionnées à tous les postes à responsabilité », fit-elle entendre.



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